Un robot tenant un journal au World Economic Forum (WEF) de Davos, en Suisse, le 22 janvier 2016. FABRICE COFFRINI / AFP

Dans un entretien à « La Tribune de Genève », le professeur de droit fiscal Xavier Oberson défend cette idée.

(22/02/17)

Le Monde

En France, la proposition de taxer les robots figure en bonne place dans le programme du candidat socialiste Benoît Hamon. En Suisse, le professeur de droit fiscal Xavier Oberson y réfléchit depuis près d’un an, rappelle La Tribune de Genève. 

Avec la robotisation, des places de travail disparaissent. Il faut donc trouver des solutions pour financer notre Sécurité sociale, nos infrastructures et la formation de personnes qui devront se réorienter. « Nous devons débattre de cette question », dit l’Helvète. Cela suppose de définir plus précisément ce qu’est un robot. L’idée d’une taxe est récente, car jusqu’à présent, notre société a considéré que les robots et les machines faisaient partie des facteurs de production. Or, le chiffre d’affaires des entreprises est soumis à la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et le résultat à l’impôt sur le bénéfice. Donc, on considérait que ces appareils étaient déjà taxés. Il faut juste viser par cette taxation à ne pas freiner l’innovation et l’achat de robots.

L’idée est d’adapter l’imposition à la réalité de notre économie. On ne parle pas uniquement de la situation actuelle, mais de celle que nous connaîtrons dans cinq ou dix ans. Pour taxer, plusieurs pistes sont possibles : « Une piste serait de définir pour chaque robot un salaire théorique, basé sur le travail d’êtres humains nécessaires pour effectuer la même tâche. Une autre idée serait de passer par la TVA, dans la mesure où ces robots offrent des livraisons ou des services. En fait, il y a beaucoup de possibilités… »

Edouard Pflimlin
Journaliste et chercheur en relations internationales